De la poule à double élimination

Beaucoup d’entre-vous pensent encore, quand on leur parle de « phase de poule » lors d’un tournoi, à notre bon vieux système de mini championnat à 4, où tout le monde se rencontre, on file 3 points au vainqueur, 1 point en cas de match nul et aucun en cas de défaite. C’est un système qui a fait ses preuves : il présente ses avantages, comme celui par exemple de remplir 6 fois un stade, puisque ce seront 6 matchs qui seront joués en tout (les recettes d’entrées et les spectateurs vous remercient). C’est très avantageux, surtout quand les joueurs sont de toutes façons obligés de prendre du repos entre chaque match. Mais, le système de poule à double élimination, adopté et popularisé dans l’esport par la Global Starcraft League en Corée, a des avantages qui font de lui le système de poule le plus adapté à l’esport. La Dreamhack approchant, et pour aider les plus néophytes de nos spectateurs, nous allons vous parler de ce système de plus en plus utilisé à travers le monde.

La double élimination ? Quèsaco ?

Le système à double élimination, dit « GSL » par simple convenance, est une coupe à 4 participants. Le grand gagnant de cette coupe obtient la première place du groupe, tandis que les deux perdants des demi-finales s’affrontent, dans l’espoir de pouvoir affronter le perdant de la finale. Pour résumer, il faut remporter 2 matchs pour se qualifier. A défaut, vous êtes automatiquement éliminé si vous perdez 2 matchs. C’est simple, c’est clair, et une fois qu’on a vu un tableau récapitulatif, on en comprend très bien les tenants et les aboutissants !

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  • Ici, B et D perdent leur premier match. A affronte C en finale et ce dernier obtient la première place, synonyme de qualification.
  • B et D s’affronte dans le « looser’s match ». B gagne et D est donc classé 4ème.
  • B affronte A dans la « finale du looser bracket ». B se venge de sa première défaite et élimine définitivement A, et se qualifie donc à la deuxième place. A termine ainsi 3ème.

L’absence d’égalité

En faisant simple, le système de double élimination permet de distinguer 2 vainqueurs et 2 perdants, mais permet aussi de classer ses participants sans qu’il y ait possibilité d’égalités. Et c’est exactement ce qui fait la force de ce système. Alors qu’au football par exemple, en cas d’égalité, on fait appel à des paramètres statistiques des parties jouées (et qui diffèrent selon le championnat/règlement) dans le système « GSL », il est impossible d’obtenir une égalité. Ce qui facilite la tache aux administrateurs de tournoi et rend très clair le classement final. Fini les calculs à rallonge, et les sempiternels « s’il termine avec plus de 2 buts d’écart, sans en encaisser, il se qualifiera ! ».

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Des matchs en moins

Bien qu’on puisse s’en plaindre, puisque du point de vue spectateur, il y a finalement moins à regarder, la double élimination permet de jouer seulement 5 matchs, soit 1 confrontation de moins par rapport au système classique. En s’arrangeant dans son planning, il est toutefois possible pour l’organisateur de se faire suivre les 5 rencontres. Pour vous ce n’est peut-être rien, mais du coté organisation, c’est plus léger, surtout dans les tournois esport où tout s’enchaine très vite en moins d’un weekend ! Les joueurs eux, s’ils gagnent ou perdent leurs deux premières rencontres, n’auront pas à jouer de 3ème match.

Pas d’arrangement possible.

Cela s’est vu dans le système classique, certains joueurs déjà qualifiés se sont arrangés pour laisser gagner leur adversaire, ou bien en ne jouant que l’égalité, si cela arrange finalement les deux parties. Dans le système à double élimination, vous êtes obligé d’aller chercher chaque victoire, sous peine de ne pas passer les poules. Les petits arrangements ne peuvent donc pas exister !

Vous avez pu le voir, ce système donne une certaine souplesse aux organisateurs d’évènements, sans pour autant entraver le plaisir des téléspectateurs. Ce qui en fait, et en tout cas c’est notre avis, le système de tournoi le plus adapté à la scène esport. Vous noterez toutefois que si la Dreamhack permet grâce à ce système de perdre une fois lors de sa phase de poule, le reste du tournoi se déroule en élimination directe. Les erreurs sont donc permises au premier tour du tournoi, mais pas le second !

2 commentaires

  1. GSL = Global StarCraft II League, pas Global Standard League.

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